[En date du 28 juillet, vous trouverez un
premier article concernant cet ouvrage (rubrique "On les a aussi") qui
permet la lecture de quelques pages de ce roman, c'est ICI . Nous ajoutons aujourd'hui cet article, compte-rendu de notre Comité de lecture.]
!!! COUP DE COEUR !!!
La Golf Blanche est une première
œuvre qui parait autobiographique.
A Sélestat, dans un quartier calme
de cette petite ville d’Alsace, est
installée une famille qui semble sans histoire : un père qui travaille à
l’usine, une mère institutrice et deux enfants, un garçon ainé, Charles, et une
fille, Flora.
On apprend que le père est
allemand, issu d’une famille bourgeoise et que la mère est française, fille d’une famille de commençants.
Rien de bien spécial finalement.
Très rapidement, on entre dans un huis clos violent et
dérangeant à l’image de cette Golf blanche conduite par le père qui roule à tombeau ouvert sur les routes d’Alsace.
Charles Sitzenstuhl entreprend la rencontre avec son père. Celle-ci ne sera faite que de
violences, de barbarie, de sauvagerie et d’humiliation.
Une écriture coup de poing, avec des phrases courtes mais
extrêmement précises, est utilisée pour les phases de crises : « Je vis les muscles de son cou se crisper. Il
jeta son journal par terre. »
Une écriture délayée décrit les situations de calme et de
vie familiale tranquille : « L’hiver,
dès les premiers flocons, ma sœur et moi enfilions notre combinaison, notre
paire de bottes, nos moufles et sortions jouer avec nos voisins dans le
quartier ». Cette alternance de style nous emmène dans l’intimité de cette famille où
chacun essaie de survivre au milieu de la folie paternelle.
C’est un roman que
l’on ne lâche qu’au point final en faisant comme Charles, partir à la recherche de ce père.