jeudi 16 octobre 2025

La maison vide - Laurent Mauvignier

 
              !!!   COUP DE COEUR   !!!    
 
 
Il est impossible de rendre compte en quelques lignes de la beauté et de la richesse de ce roman.
La maison vide est la demeure familiale - fermée depuis 20 ans - où Marguerite, la grand-mère du narrateur va terminer sa vie dans la solitude et la déchéance, à côté d'un grand piano noir qu'elle n'ose pas ouvrir et dont elle ne sait pas jouer.
Le narrateur désireux de mieux comprendre les ancêtres dont il descend et, particulièrement le suicide de son père, va tenter de démêler les écheveaux de son histoire familiale avec ses secrets, ses non-dits, ses silences et ses hontes. Pourquoi Marguerite est-elle effacée, supprimée sur toutes les photos? Il va remonter le temps jusqu'à la naissance de son arrière-grand-mère, Marie Ernestine, "la pianiste", et va essayer de reconstruire l'histoire familiale à l'aide de quelques lettres, de photos, de bribes de phrases entendues dans son enfance et ressurgies au fil du hasard.
 Le roman est traversé par les grands événements historiques dont les deux guerres mondiales, l'évolution des mentalités, les changements sociaux. Tous ces événements sont vus à travers l'expérience et le ressenti des différents membres de la famille auxquels le narrateur redonne littéralement vie.
 
L'auteur use d'une phrase ample, suivant au plus près les méandres complexes des émotions et des sentiments, hésitant sur les mots jusqu'à trouver les plus justes. Jamais il ne juge ses ancêtres, quels que soient leurs actes, il les évoque avec empathie et tendresse.
C'est un magnifique roman que cette recherche du temps - de la famille - perdu. Parfois dramatique, souvent nostalgique, toujours émouvant.
SUPERBE!
 
 
Prix GONCOURT 2025 
Prix littéraire LE MONDE 2025
 
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Apprendre à finir
Ceux d'à côté
Seuls
Dans la foule
 

Marcher dans tes pas - Léonor de Récondo

 
 
 
Léonor de Récondo part sur les traces de sa grand-mère Enriqueta, contrainte à l’exil pendant la guerre d’Espagne en août 1936. 
En demandant la nationalité espagnole grâce à une nouvelle loi qui permet aux descendants d’exilés politiques d’obtenir la nationalité perdue, l’auteure ravive la mémoire familiale et interroge ce que l’on hérite du passé : les silences, les blessures, mais aussi la force de transmission. 
 
Ce roman n’est pas seulement une histoire de famille : on y trouve la quête de nationalité, la reconnaissance légale, la mémoire de la guerre civile espagnole, mais aussi la mémoire des exilés, la transmission de l’identité, le droit de revendiquer ce qui a été arraché par l’Histoire. Tout cela place le livre sur un plan plus collectif. 
Quelques passages peuvent être trop travaillés, ce qui donne un certaine lenteur au rythme du livre. Il n’y a pas d’intrigue à proprement parlé, ce qui peut frustrer certains lecteurs.
 
 
L'auteur parle de son roman:
 

 
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Finistère - Anne Berest

 
 
Encore un roman d’enquête familiale croisant une enquête historique très visitée actuellement en littérature. Ce roman fait écho à ce qu’on a déjà lu, mais il se démarque du fait de la singularité des ascendants et des milieux traversés par l’auteur.
Anne Berest est la seconde fille d’une fratrie issue d’un couple parental très amoureux, mais aussi fort atypique. Elle s’attache  à nous décrire son histoire familiale sur trois générations. Son aïeul va créer avec ses camarades agriculteurs bretons la première coopérative à Brest, son père poursuit son parcours militant dans des groupuscules gauchistes en mai 1968.
Mais l’auteur tente surtout de s’immiscer dans l’énigme qu’est pour elle son père, chercheur déroutant, mystérieux et silencieux.
Elle va interroger son arbre généalogique; va-t-il l’aider à dépasser son mal être ou la lourdeur de son travail de deuil ?...
 
 
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D'Anne Berest, nous vous conseillons également:
 
La carte postale (Prix Renaudot des lycéens)
 
 

mardi 7 octobre 2025

GOURMANDISES: "Il était une fois..."

  
Mercredi 15 octobre 18h30
à la Médiathèque 
  Gourmandises "Il était une fois..."
 
 
Les Amis de la Bibliothèque continuent leur fil rouge consacré à l'adaptation en choisissant cette fois le thème des CONTES!
 
Voir les détails sur l'invitation. Animation ouverte à tous, mais réservation obligatoire par mail auprès de l'association.
 

Nourrices - Séverine Cressan


              !!!   COUP DE COEUR   !!!    
 
 
L’histoire : dans un petit village, Sylvaine, mère depuis peu, devient nourrice « d’une petite de la ville ». Une nuit, elle découvre dans la forêt, un bébé abandonné et à ses côtés, un carnet. Que raconte-t-il ? Qui est cette enfant ? Que va-t-elle devenir ?
 
Ce livre met en avant l’histoire des mères invisibles en littérature et décrit un commerce méconnu, celui du lait maternel. Le style rappelle le roman de Franck Bouysse « Né d’aucune femme ». L’auteur utilise les codes du conte fantastique tout en nous décrivant la dure réalité de la vie de ces femmes pauvres et victimes de ce commerce (époque non précisée). C’est donc aussi un livre féministe, car elles luttent ensemble et s’entraident.
 
Séverine Cressan écrit très bien et nous emporte dans un monde singulier quand elle évoque la nature en particulier. 
Captivant, poétique et sensuel. Excellent premier roman coup de cœur
Auteur à suivre.
 

L'homme qui lisait des livres - Rachid Benzine


 
 
Rachid Benzine nous bouscule, encore une fois, par ce roman humaniste sur la situation des Palestiniens de l’exode !
Nabil el Jaber tient une librairie au milieu des décombres et des ruines à Gaza, comme s’il défiait le destin en gardant un brin d’espoir dans un avenir obscur. Il fait la rencontre de Julien, un photographe français à la recherche de la photo qui devrait réveiller les consciences sur ce qui se passe à Gaza, à Jabālīyah, à Dir Yassine, dans ces camps des réfugiés palestiniens, en situation d'errance forcée continue, en quête d’un « lieu sûr » où ils pourront espérer survivre !!!
"C'était ça le camp, un carnaval de misère."
 
Une rétrospective des événements néfastes que connaît cette partie du monde, à travers des générations, causé par un conflit sans fin, sans explications, ou les victimes innocentes paient au prix le plus cher un tribut à une guerre sans merci, qui ne génère que la mort omniprésente, le désastre et la dévastation de toute une population !
"Dès mon premier souffle au fond, c'était la guerre, la survie, l'exil. Rien d'autre"
 
L’auteur ne déroge pas à son style d'écriture en introduisant des références littéraires et des témoignages pleins de sagesse afin d’accorder une profondeur à ce récit..
"Je parlais à Dieu et à Allah, à Jésus et à Muhammad. Dans la même prière, j'invoquais Milady..."
 
Roman bouleversant, écrit avec des mots simples et précis, sans haine ni pathos, à travers lequel l'auteur essaie de réveiller les consciences. Un plaidoyer pour une cessation d'hostilités et un aboutissement à une paix tant escomptée !!!


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Le livre de Kells - Sorj Chalandon


 
 
L’autobiographie n’est probablement pas l’exercice le plus facile pour un écrivain, qui plus est lors de cette période trouble des années post 1968 où la fidélité aux causes est primordiale. 
À 17 ans, Sorj Chalandon fuit Lyon et un père violent pour « atterrir » à Paris, où il vit dans la rue. Sous le pseudonyme de Kells, il survit grâce à des petits boulots et des rencontres, avant de croiser la route de militants maoïstes de la Gauche prolétarienne. Ces derniers lui offrent un toit, une famille de substitution et une cause à défendre. Le jeune homme s’engage corps et âme dans la lutte politique, entre fraternité, violence militante et désillusions. 
A la suite de ces années charnières, vécues comme une série d’épreuves, avec sa violence et ses doutes, Sorj Chalandon trouvera son salut dans l’écriture. En novembre 1973, il intégrera «Libé ». 
 
Comme toujours, Sorj Chalandon nous offre un style qui donne toute sa force à ce témoignage intime. Bravo à lui, qui a évité les obstacles qui obstruaient son chemin.
 
 
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