L’histoire débute un matin
de printemps, dans la décharge à ciel ouvert de San Perdido, petite ville
côtière du Panama. Dans les années 50, c'est la corruption qui dicte ses lois à
la population démunie, qu'elle soit de San Perdido ou d'ailleurs.
Le récit est captivant, car les personnages sont
forts, parfois à la limite de la caricature, comme : Félicie et ses amies
qui ne vivent que du tri des déchets trouvés dans la décharge ; Yerbo dit
« La Langusta », enfant noir aux yeux bleus, orphelin et muet qui n’a
pour seul talent apparent qu’une force singulière dans les mains ; ce
gouverneur surnommé le Taureau en raison de son appétit insatiable pour les
femmes qui vendent leurs charmes ; ce médecin dévoué et désintéressé qui
prend soin des âmes et des corps ; ces petites frappes qui rackettent les moins
téméraires.
Les destins pourraient être
scellés mais il faut compter avec Yerbo, armé de son regard pâle et de ses
mains puissantes qui endossera le rôle
de justicier silencieux au service des femmes.
C'est aussi l'occasion de se pencher sur
l'histoire des Cimarrons, ces esclaves africains du 16è siècle, échappés des
domaines espagnols.
L'histoire est captivante et bien mise en valeur
par une écriture vive, dynamique, parfois poétique ou sensuelle. Le présent est
utilisé pour nous ancrer dans le réel.
David Zukerman a écrit une histoire
surprenante. C’est un mélange des genres
étonnant, grâce à une écriture à la fois poétique sensuelle et réaliste. Ce
livre est un élégant patchwork littéraire mêlant à la fois les domaines
historiques, sociologiques, noirs et fantastiques.
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